Arts et sciences au XIXe

Quand le Grand Art

Renouvelle son langage

Auprès des sciences modernes

« Il importe peu de descendre du singe : le tout est de ne pas y remonter »

Photographie, II

La peinture du mondain, du trivial, des socialités parisiennes qui caractérise l'art de la seconde partie du XIXe nous semble accessible, laissant croire à une appréhension directe des travaux d'un Degas, des vases de Gallé, ou des sculptures hyper médiatisées de Rodin.
 

Mais ces œuvres sont codées, parcourues d'un savoir scientifique, dont la caducité en altère une juste perception aujourd'hui ; s'impose alors la redécouverte de ce code et de ces sciences.
 

Elles s'appelaient physionomie, évolutionnisme et psychologie nouvelle.

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1. Physionomie et Darwinisme des codes qui nous échappent

La mesure d'un crâne, la bosse d'un nez, un angle facial détermine affirme-t-on un tempérament, un intellect, et les artistes assimilèrent au plus vite ces nouveaux codes plastiques. A cela s'ajoute la révolution darwiniste brisant le sacrosaint dogme selon lequel la race humaine était immuablement à l'image de Dieu : désormais l'homme descendait du singe, il était une mutation constante. Le risque était dès lors de dégénérer et régresser vers cet état primitif de l'homme. Les artistes, imbibés d’une culture fin de siècle anxieuse de son état s'emparèrent de ces données, et conjuguant physionomie et évolutionnisme, l'art du dessin traça les contours de l'atavisme.

Démonstration à partir de planches des physionomistes Lavater, Gall et Camper, d’ossements de singe confrontées aux peintures académiques de Fernand Cormon et des moins classiques dessins et gravures de Degas.

 

https://youtu.be/YDPRd28S-Cg

2. Edgar Degas et La Petite Danseuse de quatorze ans

On la croit jolie malgré un visage sans charme. Or ce malaise n'est plus que l'expression affadie d'une nausée viscérale ressentie et exprimée par les critiques d'alors : présentée sous globe de verre par Edgar Degas à la 5ème des Impressionnistes, ses contemporains dénoncèrent unanimement l'avorton, l'aztèque, la dépravée. Autrement dit, cette sculpture parlait un langage bien connu, un code, qui permettait d'identifier un être atavique, répugnant et sale. Elle portait sur son visage les signes cliniques et lisibles de la régression. Cette conférence reconstituera sur le mode de l'enquête et point par point ce code qui nous échappe.

Démonstration à partir des dessins préparatoires de La Petite danseuse de quatorze ans et Physionomies de Criminels d´Edgar Degas, des  planches de criminels nés de Cesare Lombroso et images scientifiques d avortons et dessins d Aztèques.

 

https://youtu.be/9IgJFsPLuqk

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3. Les fondateurs de la psychologie nouvelle : 

Charcot et Bernheim

A la fin du XIXe, deux médecins, Jean-Martin Charcot à Paris et Hippolyte Bernheim à Nancy, ébranlèrent nos certitudes héritées des Lumières, car leurs travaux, dits de Psychologie Nouvelle, aboutirent à l'effritement du socle de raison sur lequel l'homme moderne et ses dogmes s'étaient édifiés. Plus précisément, Charcot démontra par l´hypnose le principe de suggestibilité de ses malades... jusque là, rien de dramatique, mais vint ensuite Bernheim qui libéra la suggestibilité du carcan pathologique dans laquelle Charcot l'avait circonscrite et démontra que tout être sain et à l'état d'éveil était au moins autant mu par des suggestions extérieures incontrôlables que par sa raison consciente... et l'univers des positivistes chancelait.


Démonstration à partir des dessins par le médecin et assistant de Charcot Paul Richer, Les Démoniaques dans l'art et Les Difformes et les Malades dans l'art.

https://www.youtube.com/watch?v=wV24RZ31hdc

4. Les arts décoratifs et la psychologie nouvelle : Gallé et Rodin

L'historienne américaine Debora Silverman propose une relecture de l'Art Nouveau à la lumière de la Psychologie Nouvelle, une science qui révolutionna création et réception artistique. Pour preuve, le verrier Emile Gallé et le sculpteur Auguste Rodin. Gallé peut être considéré comme un paradigme de mise en pratique des principes de suggestion à l'état de veille de Bernheim tandis que Rodin et ses iconiques Portes de l'Enfer gagnent à être reconsidérés à l'aune de la neurologie moderne. Cette approche divergente permet d'inscrire l'Art Nouveau à l'avant-garde des sciences de son temps.

 

Démonstration à partir des verres et meubles parlants de Gallé, de la jambe droite des Portes de l´Enfer et du Penseur en son centre, et des poèmes de Maurice Rollinat.

https://www.youtube.com/watch?v=JesYWOjV_qM

Étude iconographique en anglais

 La puissance de l'art au coeur du numérique       adh@artdhistoire.com

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