Photographie et peinture, III

La photographie comme instrument

Du seflie à la reproduction...

Jusqu'au surnaturel

Photographie, II

1. Gauguin et la photographie

La génération symboliste  prend le contrepied des Réalistes : plutôt que de décrire la réalité quotidienne, son art aspire à élever l'âme vers sa dimension spirituelle qu'un société toujours plus matérialiste nie.  Sauf que curieusement cette dématérialisation passe souvent, de manière secrète…par la photographie. Gauguin s'intéresse à la photographie: 1. parce qu'il  a besoin de montrer ses œuvres exotiques à ses marchands et amis, faute d'Instagram ; 2. parce qu’il à toujours besoin d'un répertoire iconographique à copier ou... piller ; et 3. parce que la photographie fut un instrument de propagande coloniale qu'il saura manipuler et retourner.

Références : Catalogue de exposition, The Artist and The Camera : Degas to Picasso, Dallas Museum of Art, 2000.

Démonstration à partir des tableaux tahitiens et marquisiens de Gauguin et photographie coloniale fin XIXe.

https://youtu.be/nKXMT6OPkco

2. Munch et la photographie,

l'histoire d'une passion ouverte

Munch ne s’en cacha pas. Lui que l'on considère comme le maitre symboliste scandinave, le peintre du paradis et des enfers psychologiques, il se passionnait pour l'image photographique. Il commença par travailler le portrait d'après photo, normalisant une pratique autrefois cachée, mais alla bien plus loin. Munch s'offrit une caméra Kodak number 1 avec laquelle il fit les premiers selfies connus ! Et tandis que ses contemporains se limitaient officiellement à exploiter les qualités documentaires de la photographie, Munch en assimila la dimension d'outil de reproduction mécanique ; il sérialisa ses propres chefs d'œuvres… on ne compte plus les Cris, Les jeunes filles au pont, ni Les Enfant malade… on l'oublie trop souvent.

Références : Catalogue d'exposition, Munch : L'œil Moderne, Tate Modern, 2012.

https://youtu.be/K0_UjqtDO5k

3. Munch et la photographie,

une collaboration improbable

Munch le symboliste chercha à mettre en peinture l'invisible, il s'initia alors à la photographie fluidique dont le Cri garde les traces. On découvrira les clichés de flux magnétiques et autres spectres et manifestations surnaturelles dont la fin XIXe fut gourmande. Le jeune Munch assimila le travail des Impressionnistes et Japonais lors de ses nombreux séjours à Paris, mais de la même manière et avec la même idiosyncrasie propre aux grands créatifs, il récupéra la structure déformante de la photographie au profit d'une peinture distordue… et l'expressionnisme naissait. Puis en homme du XXe, on l'oublie il ne meurt qu'en 1944, le peintre norvégien assimila avec son éternel enthousiasme le dynamisme de l´image cinématographique.


Références : Arne Eggum, Munch and Photography, 1989.

https://youtu.be/41JiAa72sSo

Étude iconographique en anglais

 La puissance de l'art au coeur du numérique       adh@artdhistoire.com

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