Anarchie sexuelle, II

Icône de masculinité

Virilité - effémination

 Histoire d´une belle hypocrisie

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Anarchie sexuelle, I
Klimt

1. Virilité, muscles et patriotisme

Tandis que la femme se voit modelée selon des principes biologiques contraignants, leurs maris eux doivent affirmer leur essence de mâle, leur virilité. Car eux aussi sont contraints au modèle biologique des darwiniens, ils doivent être puissants, cataboliques, être de raisons certes, mais au corps sculpté. Soulever altères et poids s´érige en devoir de patriote car en cultivant leur corps, ils en éradiquent les faiblesses que la sédentarisation des modernes avait engendrées. Ces hommes modernes mais viriles sauveront ainsi la nation d´une lente décadence physique. Vive le muscle, vive la France !

 

Cette conférence repose sur quelques peintures en particulier victoriennes mais citera surtout des ouvrages des plus connus de nos savants : Darwin, Spencer, Vogt et Cooke.

https://youtu.be/2bMTKkGCnMM

2. L´Androgyne, entre pudeur et décadence

Curieusement, cette société dont le dimorphisme sexuel et de genre conditionne le développement, adule l´androgyne. Certes l'hermaphrodisme biologique est exceptionnel ; mais l'hermaphrodisme intellectuel et artistique, c´est à dire l´image androgyne s´érige elle en trope fin de siècle par excellence. Intellectuellement seulement bien sûr…  on fantasme la fusion des âmes masculines et féminines que le dimorphisme avait rendues incompatibles, on se crée des canons de femmes d´autant plus sensuelles que masculines, mais surtout le jeune éphébe - beau car féminin - incarne la beauté masculine. Viril dans la vie mais si nonchalant en art… perverse clivage de l´homme moderne.

Référence principale : Shearer West, Fin-de-siècle: Art and Society in an Age of Uncertainty, 1994.

Démonstration à partir de tableaux symbolistes belges et préraphaélites anglais : Jean Delville, Edward Burne-Jones et Gabriel Rossetti.

https://youtu.be/INEPe-mUXkM

3. Théorie Queer et répression,

les cas Solomon et Beardsley

La fin XIXe marque la naissance de la sexologie moderne et d´une science des genres dite Théorie Queer. Apparaissent de nouveaux termes, inversion, uranisme et homosexualité, pour définir une condition innée et non plus acquise par dépravation. C´était un pas vers la dépénalisation... En attendant, la criminalisation de l’acte contrenature condamne et ostracise les artistes homosexuels alors que la société savoure une esthétique sexuellement ambiguë. Solomon et Wilde revisité par le talentueux Aubrey Beardsley en furent les premières victimes… c´est l'extraordinaire contradiction d'une société victorienne adoratrice d'éphèbes mais exécutrice de ses plus fabuleux invertis.

Référence principale : Elaine Showalter, Sexual Anarchy: Gender and Culture at the Fin de Siècle,1990.

Démonstration à partir des écrits des sexologues fin de siècle, des tableaux de Salomon Solomon, en particulier son Bacchus et des illustrations publiées et censurées de Salomé d´Oscar Wilde par Aubrey Beardsley.

https://youtu.be/35IV6MB09BU

Étude iconographique en anglais

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